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Bases scientifiques de la Déclaration

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Les concepts éthiques de la Déclaration universelle des droits de l’animal s’appuient sur trois données essentielles fournies par les progrès les plus récents des sciences biologiques modernes.

1. La génétique moléculaire

Elle nous démontre que toutes les espèces animales étant construites des mêmes matériaux, à partir d’un code génétique universel, ces espèces ont une origine commune, et sont toutes parentes entre elles, espèce humaine comprise.

2. L’écologie et la génétique des populations

Elles nous enseignent qu’il existe une extrême interdépendance des espèces et des individus, laquelle s’exercent au sein d’un immense système vivant, la communauté biologique planétaire. Ces sciences nous apprennent en outre que l’équilibre dynamique de ce système complexe repose entièrement sur la diversité de ses constituants, la diversité génétique et comportementale des espèces, et la diversité génétique et comportementale des individus se manifestant dans le cadre de la diversité géoclimatique des milieux de vie.

3. l’écologie, la neurophysiologie et l’éthologie

Dans la multitude des types de perception, d’action et de réaction des animaux vis à vis de leur environnement, la neuro-physiologie et l’éthologie nous permettent d’entrevoir des bases communes à tous les types de comportements qui régissent les rapports entre les différentes espèces animales, que ces comportements soient innés, mémorisés, ou issus d’apprentissage. Ces mêmes disciplines scientifiques nous conduisent à constater la réalité de la souffrance de l’animal. La souffrance entraîne une réponse motrice (retrait, fuite), ou comportementale (cri, défense), ou neurovégétative (ulcère de contrainte), ou bien encore s’exprime par des troubles du comportement (prostration, automutilation, agressivité permanente). La sensibilité douloureuse, et la capacité d’y réagir pour en neutraliser ou en détourner la cause, sont des mécanismes adaptatifs de survie suffisamment répandus et essentiels pour que l’on puisse déduire qu’ils sont nécessairement apparus très tôt au cours de l’évolution du monde animal.

Les sciences de la Vie nous révèlent donc à la fois l’existence d’une extrême unité du monde vivant, qui fait de la communauté biologique ou biosphère un système cohérent, et l’existence d’une extrême diversité des formes et des capacités des espèces et des individus, richesse essentielle à l’évolution qui y puise les ressources nécessaires à son maintien. Toute espèce, tout individu, contribue, par son originalité, à assurer la stabilité dynamique de la biosphère, et donc la survie de l’ensemble de ses composants.

Toute espèce, tout individu possède donc des droits naturels à une existence digne. L’espèce humaine a entrepris de gérer l’économie biologique de la biosphère toute entière. Or cette gestion est assurée au prix d’une hiérarchisation des espèces et des individus par seule référence aux capacités d’un groupe culturel utilisé comme unité de valeur. La domestication totalitaire de la Nature par l’homme procède par uniformisation forcée, avec le lot de souffrances, de misères et de tueries qu’elle implique. À plus ou moins long terme, elle ne peut que menacer d’extinction l’Évolution et l’existence même de la biosphère. Ce danger mortel est d’autant plus grave que nous ne connaissons pas le degré de diversité en deçà duquel l’équilibre se trouve irréversiblement compromis.

Il en découle pour l’homme le devoir de respecter la Vie sous toutes ses formes. Ce respect doit se manifester à la fois vis à vis de l’UNITÉ et de la DIVERSITÉ des êtres vivants, mais aussi vis à vis de la dignité animale : il doit résulter d’une lutte pacifique mais ferme, menée pour réduire la misère et la souffrance au sein de la communauté biologique, à laquelle l’homme appartient et dont il dépend. Un tel respect de la Vie ne peut s’instaurer que par la mise en œuvre d’une intense éducation civique de la Nature, reposant sur de solides bases morales, juridiques et scientifiques.

Il est légitime de s’interroger sur les limites des droits que l’homme s’arroge de disposer de la vie et de la souffrance animale pour satisfaire ses désirs bien au-delà de ses besoins nutritionnels.

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