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Abattage

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Une application et un contrôle des normes insuffisants

L’abattage des animaux destinés à la consommation doit respecter une réglementation stricte : afin de limiter les souffrances de l’animal, il doit être rendu inconscient (« étourdi ») avant la mise à mort (règlement européen (CE) n° 1099/2009 sur la protection des animaux lors de leur mise à mort).

Dans les faits, les textes de loi encadrant l‘abattage sont trop souvent incorrectement appliqués et leur application peu ou mal contrôlée. En effet, que l’animal ait été élevé dans le cadre d’un élevage traditionnel en plein air ou dans le cadre d’un élevage de type intensif hors-sol, les précautions prises lors de l’abattage sont insuffisantes. Non seulement la loi n’est pas appliquée, mais les standards réglementaires et les méthodes d’étourdissement et de mise à mort existantes doivent être améliorées.

Cet état de fait est d’autant plus contestable que les personnes qui achètent de la viande « bio » ou issue d’élevages fermiers payent plus cher afin de s’assurer que l’animal a été correctement traité et s’attendent généralement à ce que la « bientraitance » s’applique à la fois au stade de l’élevage et à celui de l’abattage. Faire souffrir un animal en le soumettant à des conditions d’abattage douloureuses est contraire à l’éthique qui impose de respecter la nature sensible des animaux, c’est-à-dire leur capacité à ressentir la douleur et à éprouver des souffrances.

L’application des textes étant malheureusement insuffisante et mal contrôlée, la LFDA plaide en faveur d’actions visant à améliorer les conditions d’abattage :

  • un soutien aux filières traditionnelles qui maîtrisent les techniques d’insensibilisation
  • une meilleure formation des abatteurs
  • la poursuite de recherches indépendantes sur le bien-être animal.

Une commission d’enquête en 2016

En 2016, la LFDA était auditionnée à l’Assemblée nationale dans le cadre de la Commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français. Cela a été l’occasion de rappeler les préconisations de la LFDA :

  1. Étourdir systématiquement les animaux avant toute mise à mort, sans dérogation possible.
  2. Préserver le responsable protection animale et le lanceur d’alerte et dissuader les actes de maltraitance et de cruauté.
    • Informer clairement tout le personnel d’abattoir des droits relatifs à sa protection en tant que lanceur d’alerte.
    • L’encourager à agir systématiquement par un signalement des cas d’acte de maltraitance ou de cruauté.
    • Reconnaître comme des délits, les actes de maltraitance visés par l’article R. 654-1 du code pénal.
    • Sensibiliser les parquets (magistrats du ministère public).
  3. Mieux former pour mieux responsabiliser.
    • Formation des personnels, complétée afin d’inclure une formation pratique, accompagnée d’une formation continue, en abattoir afin de tenir compte des spécificités de l’abattoir dans lequel le personnel travaille.
    • Présence obligatoire d’un équivalent du responsable protection animale dans les petits abattoirs.
    • Augmentation des effectifs de vétérinaires inspecteurs et inspection renforcée sur la partie ante-mortem.
  4. Améliorer le matériel, les infrastructures et les pratiques.
    • Remise en question de certaines pratiques d’étourdissement, sources de douleur pour l’animal.
    • Vérification systématique de la perte des signes de conscience réalisée.
    • Affichage des modes opératoires normalisés aux différents postes de travail.
  5. Permettre aux acteurs de la filière de travailler ensemble.
    • Le centre national de référence en matière de bien-être animal, effectif en 2017, peut servir de plateforme.
    • Des organisations de protection animale sont également prêtes à accompagner les professionnels.
  6. Mettre en place l’enregistrement vidéo.
    • Encourager les responsables d’abattoir à mettre en place l’enregistrement vidéo comme outil de formation continue.

Dérogation et information du consommateur

En considération de la protection animale, certains pays européens ont imposé l’étourdissement (Suisse, Norvège, Suède et prochainement Belgique).Il existe une dérogation à l’obligation d’étourdissement pour l’abattage rituel afin de respecter la liberté de culte (art. 10 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE). Cette dérogation est dénoncée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (2004), la Fédération des vétérinaires européens (2006), le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires français (2015) et les organisations de protection animale, car elle génère plus de souffrance animale et une longue agonie. Néanmoins, un étourdissement immédiatement après la saignée ou un étourdissement réversible pré-saignée est quelquefois accepté par les cultes pour soulager l’animal.

En attendant l’étourdissement obligatoire pour tous les animaux avant mise à mort, la LFDA réclame depuis de nombreuses années un étiquetage positif du mode d’abattage des animaux afin que les consommateurs puissent choisir d’acheter des produits issus d’animaux qui ont été insensibilisés avant la mise à mort.

« Toutes les formes d’élevage et d’utilisation de l’animal doivent respecter la physiologie et le comportement propres à l’espèce. »

Article 5-3 de la DUDA

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