Depuis sa création, la LFDA agit sur tous les leviers qui permettent de faire progresser la condition animale : plaidoyer et sensibilisation, partenariats institutionnels, prix scientifiques et juridiques, formation et éducation. Cette diversité de moyens répond à une conviction simple, celle qu’aucun de ces leviers ne suffit seul à changer durablement le droit et les pratiques.
Plaidoyer et sensibilisation
La recherche sur des domaines parcourant la biologie, l’éthologie, l’écologie, la sémiotique, ou encore la neurologie a permis d’aboutir à des constats clairs en ce qui concerne les animaux qui nous entourent.
- Il est ainsi établi que tous les vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons, amphibiens, reptiles) sont doués de sentience.
- Il est établi que certains mollusques sont doués de sentience.
- Il est très probable que certains insectes sont doués de sentience.
Un être sentient peut ressentir de la douleur, du plaisir et diverses émotions : ce qui lui arrive lui importe. Les animaux ne sont pas des machines. Les animaux sentients souffrent non seulement physiquement mais aussi psychiquement des abus qu’on leur fait subir.
Ce constat scientifique ne peut, selon nous, amener qu’à une seule conclusion éthique, philosophique et morale : il est immoral de ne pas respecter cette sentience, le droit doit s’adapter en conséquence. Une société n’est pas à la hauteur si elle ne s’efforce pas de prévenir et de punir les actes qui y contreviennent.
Pourtant, le droit autorise actuellement beaucoup de choses qui sont manifestement contraires aux besoins physiologiques et comportementaux de ces animaux.
- Les animaux d’élevage sont très souvent entassés dans des espaces restreints (jusqu’à 42 kg de poulets vivants par mètre carré, soit une vingtaine d’animaux, dans la majorité des élevages français), transportés dans des conditions insupportables (chaleur et froid extrêmes, manque d’accès à l’eau et à la nourriture, absence de soins) avant d’être abattus dans la douleur.
- De nombreux animaux de compagnie naissent avec des déformations physiques dues à des manipulations génétiques graves.
- Les animaux sauvages n’ont quasiment aucun droit et peuvent être torturés et tués légalement.
- La corrida et les combats de coq perdurent.
- Des macaques, des chiens, des rats servent de cobaye pour des expérimentations animales alors que des alternatives existent.
Par conséquent, la majeure partie de notre travail consiste à tenter d’adapter le droit français et européen à la réalité scientifique, à faire respecter la sentience des animaux qui en sont dotés. Nous rencontrons des ministres, des parlementaires et leurs équipes, nous travaillons avec d’autres ONG à faire entendre et comprendre la réalité que nous décrivons. C’est notre travail de plaidoyer.
Parallèlement, nous communiquons auprès d’un large public (grand public comme spécialisé) pour les informer et essayer de leur forger une conviction forte sur tous ces points. Nous sommes convaincus que ce travail auprès du public est vital pour faire naître les changements de société voulus. Nous souhaitons que toutes les personnes que nous touchons soient de plus en plus exigeantes auprès des élus et de la société civile toute entière : qu’un responsable politique qui vote une loi manifestement contraire aux intérêts des animaux perde immédiatement en côte de popularité, qu’à l’inverse un candidat qui se montre réellement sensible à la cause trouve davantage grâce à leurs yeux. C’est notre travail de sensibilisation.
Ce travail de fond se matérialise également dans la revue trimestrielle de la Fondation, qui décrypte l’actualité juridique et scientifique de la condition animale depuis plusieurs décennies. → Lire la revue
Partenariats
La défense des animaux exige des actions dans de multiples domaines et sous diverses formes. Pour donner plus de poids à ses messages, la LFDA agit régulièrement de concert avec d’autres ONG, en France comme à l’échelle européenne.
Avec les ONG. La LFDA collabore notamment avec Eurogroup for Animals, plateforme réunissant des dizaines d’ONG européennes, et Convergence Animaux Politique (CAP) depuis 2018, association qui fait l’interface entre parlementaires et ONG de défense des animaux. Ces collaborations ont permis des avancées concrètes : la première étiquette de bien-être animal sur les barquettes de poulet en 2018 avec CIWF-France, l’OABA et le groupe Casino, ou le premier règlement européen autorisant la mention du mode d’élevage sur les boîtes d’œufs, obtenu dès 1985 avec l’OABA.
Avec les pouvoirs publics. La LFDA siège dans plusieurs instances consultatives où se décide la politique publique du bien-être animal :
- le Comité expert Bien-être animal du CNOPSAV, le Centre national de référence pour le bien-être animal ;
- la Commission nationale pour la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (CNEA) ;
- le Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale (CNREEA), dont elle est membre depuis leur création ;
- FRANCOPA, plateforme pour le développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale, qu’elle a fondée.
Depuis 1981, la Fondation interpelle systématiquement les candidats à l’élection présidentielle sur leurs engagements pour la condition animale, une démarche étendue depuis 2022 aux élections législatives et européennes.
Prix
La LFDA récompense chaque année, en alternance, la recherche scientifique et la recherche juridique en faveur des animaux.

Le Prix de biologie Alfred Kastler a été fondé en 1984 en mémoire du prix Nobel et cofondateur de la LFDA qui lui donne son nom. D’un montant de 4 000 €, ce prix est destiné à encourager la recherche et l’application de méthodes évitant l’utilisation expérimentale traumatisante de l’animal.
Il est ouvert à tout chercheur ou enseignant, biologiste, médecin, pharmacien, vétérinaire ou agronome.
Le prix est financé exclusivement par les dons de particuliers recueillis par la LFDA.

Le Prix de droit Louis Schweitzer fondé en 2013, encourage la reconnaissance du droit animalier comme discipline juridique à part entière, ainsi que son enseignement et son application rigoureuse.
Il est ouvert à tout chercheur, enseignant ou formateur en droit ainsi qu’à tout praticien du droit (magistrat, avocat, juriste ou agent chargé du contrôle de son application).
Il est également doté de 4 000 €.




