
La LFDA s’oppose vivement au projet d’élevage intensif de saumons Pure Salmon et signe un communiqué de presse commun aux côtés de 30 ONG, que nous vous livrons ci-dessous.
Lundi 15 décembre, à Bordeaux, une première journée de mobilisation puissante s’est tenue contre le projet Pure Salmon. 30 organisations non gouvernementales et collectifs, des députés, le maire de Bordeaux et des élus régionaux et départementaux étaient présents pour appeler le Préfet à refuser le projet Pure Salmon.
Ce rassemblement inédit se tenait le jour de l’ouverture de l’enquête publique du projet très controversé d’élevage industriel de saumons en Gironde. Le message est clair : “nous ne voulons pas de ce projet dystopique, ni ici, ni ailleurs. Nous avons 35 jours pour convaincre les autorités publiques de rejeter l’absurdité de ce projet sur notre territoire ”, a déclaré Maxime de Lisle, co-fondateur de Seastemik.
Parmi ces 30 organisations :
- OXFAM,
- Greenpeace France,
- Seastemik,
- Sea Shepherd France,
- BLOOM,
- L214,
- la Ligue des droits de l’homme,
- 1 OCEAN,
- Anima,
- AVF,
- Blutopia,
- CIWF France,
- Convergence Animaux Politique,
- Darwin,
- Data For Good,
- Estuaire 2050,
- Fumette Cap Ferret,
- GAIA,
- La Fondation Droit Animal Ethique et Sciences,
- La Fraie Sauvage,
- LONGITUDE 181,
- Non à l’élevage intensif de saumons dans le boulonnais,
- Pays Royannais Environnement,
- Pleine mer,
- Réseau des refuges animalistes,
- SEPANSO Gironde,
- The FAIRR Initiative,
- Under the Pole,
- Usine de saumons non merci.
Lire aussi : Appel pour un moratoire sur les fermes-usines de saumons en France
Alors qu’aucune usine ne produit plus de 5 000 tonnes de saumons par an, l’entreprise Pure Salmon projette de construire sur le littoral atlantique ce qui pourrait être le plus grand élevage intensif terrestre de saumons au monde, avec 10 000 tonnes par an. Ce projet soulève des préoccupations majeures, notamment en matière d’impact sur les écosystèmes locaux, sur l’emploi des pêcheurs artisans, conchyliculteurs et sur le tourisme de Nouvelle-Aquitaine qui dépend d’un littoral sauvage et préservé.
Côté économie, Philippe Barre, co-fondateur de l’éco-système Darwin à Bordeaux, dénonce : “On nous annonce la création de 250 emplois. Ce sont des emplois potentiels. En réalité, ce sera peut-être entre 50 et 70 emplois réels. À titre de comparaison, Darwin à Bordeaux, c’est 1000 emplois sur site et 3500 emplois indirects. Donc Pure Salmon, c’est de la fausse économie. Ce sont des drames écologiques, des développements de structures agroalimentaires dont on doit absolument sortir. Ça n’a rien d’écologique, ça n’a rien de social, et ça n’a rien d’économique.
Sur l’impact global des usines de saumons, Michel Cartigny, parle pour Oxfam et alerte sur le gaspillage de poissons sauvages qui pourraient être consommés par les populations qui en dépendent : “Le saumon est carnivore. Pour fabriquer 1kg de saumon, il faut lui donner à manger 6kg de poissons. Il vaudrait mieux manger les 6kg de poissons que de donner ça à des saumons.”
Pour empêcher cette industrie de s’installer durablement sur le territoire français, la Députée Anne Stambach-Terrenoir explique : “Le moratoire est une proposition de loi transpartisane qui porte un message simple : on appuie sur pause et on réfléchit. On est vraiment sur un projet complètement inédit dont les conséquences ne sont absolument pas maîtrisées et dont même la technique n’est pas complètement maîtrisée.”
Trois millions de saumons pourraient être produits chaque année, dans des conditions qui posent des problèmes environnementaux, sanitaires, et de souffrances animales d’après les opposants.
La France est le premier consommateur de saumons d’Europe, mais 99% sont importés. “Il faut surtout questionner les usages. Nous mangeons trop de poissons. Et la consommation de saumons a explosé en 20 ans. Nous devons dépoissonner notre alimentation, réduire par 3 la consommation de poissons, et non pas augmenter la production.” explique Esther Dufaure, co-fondatrice de Seastemik.



