Animaux d’expérimentation

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Historiquement, au XIXe siècle, on pratiquait des expérimentations sur les animaux sans se soucier de leur souffrance : seul le progrès scientifique importait. Depuis, de nombreuses questions éthiques ont été soulevées et des méthodes alternatives à l’utilisation des animaux se sont développées.

Qu’appelle-t-on expérimentation animale ?

C'est une section de la recherche où l’animal est l’objet de manipulations invasives. Selon la directive européenne 2010/63/UE, elle concerne la recherche qui est susceptible « de causer une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l’introduction d’une aiguille ». Ainsi, une expérience ayant pour objet l’étude du comportement animal (éthologie) mais qui nécessite quelques prélèvements sanguins entre aussi dans cette catégorie. Selon le code rural, une procédure expérimentale concerne « toute utilisation, invasive ou non, d'un animal à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques ou à des fins éducatives » (article R214-89).

Pourquoi a-t-on recours aux animaux ?

Les chercheurs ne savent pas encore comment répliquer la complexité du vivant pour certains sujets d’étude qui nécessitent l'observation d'interactions sophistiquées et fines entre organes, etc. Ainsi, ils utilisent encore des animaux vivants pour ces expériences. En Europe, les animaux sont utilisés pour :

  • les études de biologie fondamentale ;
  • la recherche et le développement dans les domaines de la médecine humaine, de la médecine vétérinaire et de la dentisterie ;
  • la production et le contrôle des produits pour la médecine humaine, vétérinaire et de dentisterie ;
  • les essais toxicologiques et autres études de sécurité sur des substances chimiques. ;
  • un large éventail d’autres utilisations expérimentales : virologie, traitements oncologiques (anti-cancéreux), recherche et développement pharmaceutiques, essais d’associations de médicaments, génétique, etc.

Une évolution nécessaire vers des méthodes alternatives

Limites des tests effectués sur les animaux

De nombreux facteurs sont susceptibles de fausser les résultats obtenus lors d’expérimentations effectuée sur des animaux, et notamment :

  • Le stress de l’animal, qui figure au premier plan et constitue un risque de biais qui a poussé la communauté scientifique à traiter les animaux « correctement » avant même que le droit ne leur en fasse l’obligation.
  • Les différences physiologiques entre l’animal et l’homme auquel est destiné le produit testé. Selon l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS), « dans certains cas, la transposition à l’homme de résultats obtenus sur des animaux ne donne pas toujours des résultats vérifiés dans la réalité, le modèle animal n’étant pas strictement identique au modèle humain » (Méthodes alternatives en expérimentation animale : Cas concrets d’outils d’évaluation in vitro / in vivo et de méthodes de prédiction in silico – INERIS, 12 mai 2011).

Avantages des méthodes alternatives

Au-delà de l’enjeu éthique, les méthodes alternatives présentent donc des avantages :

  • En termes de viabilité des résultats obtenus, compte tenu de l’absence de biais que constitue potentiellement le stress subi par l’animal.
  • En termes de transposabilité des résultats à l’homme : selon l’INERIS, au vu des différences physiologiques entre l’homme et l’animal, « l’utilisation des méthodes alternatives permettrait d’améliorer la prédiction des dangers pour l’homme et ainsi de mieux définir le seuil d’exposition acceptable ».
  • En termes financiers pour les industriels : selon l’INERIS, « les essais in vivo sont longs et peuvent représenter jusqu’à 75 % du coût d’évaluation d’une substance chimique ».

vers le remplacement total

L’objectif final doit être « le remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants à des fins scientifiques et éducatives dès que ce sera possible sur un plan scientifique. »

Considérant 10 de la directive européenne 2010/63/UE

La LFDA est forcée de constater qu’en l’absence de méthodes substitutives, l’expérimentation animale ne peut pas disparaître entièrement. Elle concentre donc son action sur l’encadrement de l’expérimentation animale et le développement de méthodes de remplacement.

Ainsi, dès 1978, la LFDA lutte pour la promotion de méthodes substitutives à l’expérimentation animale. Elle crée en 1984 le Prix de biologie Alfred Kastler, destiné à encourager la recherche et l’application de méthodes évitant l’utilisation expérimentale traumatisante de l’animal.

Plus généralement, face au constat que l’application insuffisante des mesures protectrices de l'animal provient en partie d’une connaissance médiocre des normes applicables à l’animal, la LFDA encourage financièrement l’enseignement du droit animal, afin que les acteurs étatiques et privés concernés (agents de police, éleveurs, chercheurs…) se familiarisent avec les règles protectrices de l’animal et soient en mesure de les appliquer. En décembre 2014, le Prix de Droit de La LFDA a été remis à Mme Quesne pour son cours magistral de droit de l’expérimentation animale dispensé à l’université de Caen Basse-Normandie. La LFDA soutient un renforcement de la formation éthique des étudiants et des chercheurs pour réduire encore le nombre d’animaux utilisés et améliorer les protocoles expérimentaux.

La LFDA agit pour protéger les animaux d’expérimentation en se basant sur des arguments scientifiques et éthiques. En sa qualité de membre de la Commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA), la LFDA veille à ce que la transposition des directives européennes et l’élaboration de nouveaux textes permettent d’assurer une protection optimale des animaux. A l’occasion des travaux sur la transposition de la nouvelle directive de l’UE sur l’expérimentation animale, le Pr Jean-Claude Nouët, co-fondateur de la LFDA, a appuyé le principe de protection des céphalopodes dont il a été scientifiquement démontré qu’ils sont des êtres sensibles. La LFDA s'engage pour faire étendre cette protection aux céphalopodes, aux crustacés et aux embryons d’oiseaux et de reptiles en fin d’incubation.

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