Sondage: L’avenir du cirque se fera sans animaux sauvages

La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences, la Fondation Brigitte Bardot et la SPA ont réalisé en octobre avec OpinionWay une enquête d’opinion sur le cirque*. Alors que les annonces de la ministre de l’Environnement à la suite de la concertation sur la faune sauvage captive se font toujours attendre, il ressort de ce sondage qu’un cirque sans animaux sauvage est plébiscité par une majorité de Français et que l’évolution du cirque est déjà en marche.

© La SPA, Fondation Brigitte Bardot, LFDA

une evolution en marche

Le sondage révèle que si 66% des Français ont déjà assisté à un spectacle de cirque au cours de leur vie, ils ne sont plus que 24% dans les 5 dernières années et 10% seulement au cours des 2 dernières.

Un attrait pour les arts du cirque

Un Français sur deux (49%) ayant été au cirque dans les 5 dernières années a assisté à un spectacle sans animaux sauvages. En outre, les motivations des personnes ayant assisté à un spectacle de cirque avec ou sans animaux sont diverses et portent aussi bien sur les opportunités promotionnelles ou invitations (cité par 43% des personnes ayant assisté à un spectacle avec animaux sauvages) que sur l’intérêt d’abord pour les arts du cirque et non spécifiquement pour les animaux sauvages (cité par 27% des personnes ayant assisté à un spectacle avec animaux sauvages). Pour les personnes ayant assisté à un spectacle sans animaux sauvages, la principale motivation cité est l’intérêt pour les clowns, acrobates et le cirque contemporain (34%).

Parmi ceux ayant assisté à un spectacle avec animaux sauvages, 38% considèrent que cela fait partie de la tradition et aiment voir des spectacles avec animaux sauvages. Parmi ces personnes, seul 1% le font exclusivement car ils aiment voir ces animaux dans les spectacles et 10% le font exclusivement car ils considèrent que les animaux sauvages font partie de la tradition du cirque. De l’autre côté, ceux ayant assisté à un spectacle sans animaux sont 50% à citer une motivation liée à l’absence d’animaux sauvages.

une évolution NÉCESSAIRE

Deux-tiers des Français (65%) affirment qu’ils sont défavorables à la présence d’animaux sauvages dans les cirques, des chiffres similaires aux précédentes enquêtes d’opinion.

© La SPA, Fondation Brigitte Bardot, LFDA

Les Français reconnaissent les difficultés liées à la présence des animaux sauvages dans les cirques notamment vis-à-vis de leurs besoins et spécificités.

De véritables inquiétudes sur le sort des animaux

Les Français ont une opinion partagée sur le bon ou mauvais traitement des animaux sauvages au sein des cirques, puisqu’ils sont 49% à penser qu’ils ne sont pas bien traités et 49% à penser le contraire. En revanche, l’avis des Français est beaucoup plus tranché concernant les conditions de détention et de dressage des animaux sauvages :

  • 71% pensent que les besoins biologiques des animaux sauvages ne sont pas respectés dans les cirques ;
  • 72% estiment que les numéros réalisés par les animaux sauvages ne reflètent pas leurs comportements habituels et aptitudes naturelles ;
  • 74% jugent que l’hébergement des animaux sauvages dans les cirques est incompatible avec les impératifs biologiques de leur espèce ;
  • 75% expriment leur désaccord quant à la compatibilité des transport fréquents avec le rythme de vie et les comportements naturels des animaux sauvages.

En outre, 71% des répondants considèrent que le dressage implique un rapport de force et une contrainte sur l’animal.

Cela pose question quant à l’impact psychologique de tels spectacles sur les plus jeunes. D’ailleurs, 43% des Français estiment que la présentation de numéros avec des animaux sauvages peut avoir un impact négatif sur le développement psychologique des enfants.

Enfin, 70% des Français notent le danger que représente la présence d’animaux sauvages dans les cirques, aussi bien pour le public que pour le dompteur ou les animaux eux-mêmes.

une evolution INÉLUCTABLE

© La SPA, Fondation Brigitte Bardot, LFDA

Seulement 18% des Français voient l’avenir du cirque avec des animaux sauvages. Même parmi ceux favorables à leur présence dans les cirques, seule la moitié (48%) envisage l’avenir du cirque avec ces animaux.

Seuls 16% des Français ne voient pas de changements nécessaires pour le cirque. Ils sont 56% à souhaiter une évolution des spectacles présentés par les cirques et 26% à penser qu’il s’agit d’une tradition désuète à l’avenir incertain.

Une perception accrue chez les jeunes et les parents

Les moins de 35 ans sont à 68% défavorables aux animaux sauvages dans les cirques, parmi lesquels 44% sont tout à fait défavorables. 54% des moins de 35 ans pensent que les numéros avec animaux sauvages peuvent avoir un impact négatif sur le développement psychologique des enfants.

62% des foyers avec au moins un enfant de moins de 18 ans, et fréquentant les cirques sans animaux sauvages, choisissent délibérément ce type de spectacle par conviction.

Conclusion : Les Français témoignent de leur intérêt pour le cirque, même sans animaux sauvages

La moitié (50%) des Français déclarent qu’ils iraient au cirque s’il n’y avait plus d’animaux sauvages, alors même que seuls 10% des répondants déclarent être allés au cirque ces deux dernières années.

Sur la totalité des Français ayant été au cirque ces 5 dernières années, 73% déclarent qu’ils iraient encore au cirque si les animaux sauvages n’y étaient plus présentés. Ce chiffre monte à 76% chez les personnes ayant assisté à un spectacle avec animaux sauvage ces 5 dernières années. Enfin, parmi les Français pour qui la présence d’animaux sauvages était une motivation de fréquentation, 69% déclarent qu’ils iraient au cirque si les animaux sauvages n’y étaient plus présentés.

L’avenir du cirque ne s’écrira pas avec les animaux sauvages pour les Français. Qu’en
sera-t-il pour le gouvernement ?

Dans le cadre du groupe de travail ministériel sur les animaux sauvages dans les spectacles itinérants, nos ONG ont proposé une fin progressive de la présence d’animaux sauvages dans les cirques. Nous souhaitons notamment :

  • l’interdiction de la détention d’espèces non listées dans l’arrêté du 18 mars 2011 (y compris les ours avec les montreurs d’ours) ;
  • l’interdiction de la reproduction et l’acquisition de nouveaux spécimens ;
  • l’interdiction du dressage des animaux et du remplacement des animaux qui partent en retraite ;
  • la fin des subventions publiques pour les cirques utilisant des animaux sauvages ;
  • la liberté pour les communes de refuser la présence des cirques avec animaux sauvages pour des motifs de sécurité comme d’éthique.

Pour découvrir comment agir pour mettre un terme à la présence des animaux sauvages dans les cirques, c’est par ici.

* Étude OpinionWay réalisée en ligne du 9 au 10 octobre 2019, échantillon de 1027 répondants, représentatif des Français de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socio-professionnelle, de région et de catégorie d’agglomération.

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