
Un sondage européen, réalisé par l’institut Savanta pour Eurogroup for Animals, met en évidence l’inquiétude profonde des européens concernant les conditions de transport des animaux d’élevage. Ces résultats confirment que l’opinion publique est aujourd’hui largement en avance sur l’ambition politique.
Une majorité écrasante préoccupée par la souffrance animale
Parmi les répondants dans neuf États membres de l’Union européenne :
- 82 % se déclarent préoccupés par les conditions de transport des animaux d’élevage. Les Français le sont tout autant.
- 89 % jugent que le transport par températures extrêmes met le bien-être animal en grave danger.
- 80 % estiment que les trajets de longue durée entraînent des souffrances évitables.
- 72 % craignent un affaiblissement des règles actuelles et appellent à des lois plus strictes au niveau national et européen.
Ce sondage souligne une divergence nette entre les attentes citoyennes et certaines propositions ou amendements en cours au Parlement européen qui pourraient, au contraire, affaiblir la protection actuelle.
Des lois en débat, un risque d’affaiblissement des protections
Alors que l’Union européenne est engagée dans une révision majeure de la réglementation relative au transport des animaux d’élevage — la première mise à jour significative depuis près de 20 ans — certains amendements en discussion risquent de réduire les garanties pour les animaux en transit ou à l’export. Les ONG de protection animale alertent sur ce point : un affaiblissement des règles pourrait avoir pour effet que des millions d’animaux restent exposés à des souffrances quotidiennes sans amélioration substantielle des conditions de leur transport.
Le cadre juridique européen relatif au transport d’animaux vivants (règlement (CE) n° 1/2005) pose des principes visant à éviter les souffrances inutiles, mais les pratiques observées montrent que ces règles restent souvent inadaptées à la réalité des transports longue distance. Nous revenions en détails sur le sujet dans la revue trimestrielle numéro 113 :
Il est aujourd’hui scientifiquement et éthiquement nécessaire d’aller au-delà des simples ajustements techniques :
- Limiter strictement la durée des trajets, en fonction des espèces et groupes (ruminants, porcs, volailles, etc.),
- Interdire le transport d’animaux vulnérables (jeunes non sevrés, femelles gestantes, animaux inaptes),
- Fixer des conditions environnementales strictes (températures, humidité, espace vital),
- Mettre fin progressivement au transport d’animaux vivants entre États et vers des pays tiers, en remplaçant ce modèle par le transport de viande, de carcasses et de matériel génétique pour réduire la souffrance animale et répondre aux attentes des citoyennes et citoyens.
La LFDA appelle l’ensemble des élu — au niveau national comme européen — à tenir compte de ce message clair du public et à adopter des réformes ambitieuses, étayées par les connaissances scientifiques et éthiques disponibles. La simple adaptation des anciennes règles ne suffira pas à mettre fin aux souffrances évitables que subissent quotidiennement des centaines de millions d’animaux vivants lors de transports.



