Chasse, suite, et un beau jour, fin…

Le bimestriel La Voix des Bêtes n°2113 de janvier/février 2009 publie en éditorial un article du Pr Jean- Claude Nouët, président de la Fondation LFDA.

” La France est le “premier pays cynégétique européen”, s’enorgueillit la Fédération nationale des chasseurs. Pourtant la France n’a pas de quoi être fière de ce record, dû au million quatre cent mille titulaires du permis de tuer. Les chasseurs sont responsables chaque année de la mort de 50 millions d’animaux qui ne demandaient qu’une chose : continuer à vivre, tant bien que mal, plutôt mal dans le peu de nature que nous leur laissons.  Mais cela ne va pas durer encore très longtemps, c’est une enquête CSA qui le dit : alors que plus de la moitié des chasseurs dépassent les  55 ans, seulement 5% d’entre eux ont 25 ans. 
Faisons un peu d’arithmétique : 5% de 1,4 million, cela fait 70.000, et 70.000 jeunes qui chassent sur 65 millions de Français, cela fait 1 pour 1000.  On voit mal comment ce millième réussirait à imposer la pérennité du massacre de la faune, pendant que les plus de 55 ans vont passer … l’arme à gauche.

Et comment ce millième pourrait résister à l’évolution des mentalités, et en particulier à la prise en compte inéluctable des droits de l’animal. A ce propos, il faut rappeler que la Gazette officielle de la chasse  du 3 avril 1992 avait déjà titré Une menace contre la chasse : le droit de l’animal sous la signature de Me Charles Lagier, alors conseil juridique de l’Union nationale des chasseurs. Déjà, le droit de l’animal faisait peur. Cela n’a pas changé : on l’a constaté lors des Rencontres Animal et Société, où les  chasseurs et leurs représentants notamment Thierry Coste, et surtout Charles Lagier (toujours lui !) ont exploité toute occasion pour défendre et justifier la chasse, et tirer à vue sur la moindre allusion à l’existence de la souffrance de l’animal sauvage (alors que les chasseurs n’avaient rien à faire dans ces Rencontres, puisqu’il avait été décidé que le sujet  de la chasse n’y serait pas abordé !). Allons, encore quelques années de patience, la chasse de loisir disparaîtront. 

Si ce ne sont pas le bon sens et la morale qui la condamneront, ce seront les modifications climatiques et écologiques, et surtout les profonds bouleversements économiques qui y mettront fin.” 

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