Conclusion du colloque “Droits et personnalité juridique de l’animal” : le mot de Robert Badinter

Robert Badinter, avocat, président honoraire du Conseil Constitutionnel, professeur émérite de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, ancien garde des Sceaux et membre du comité d’honneur de la LFDA nous a fait l’honneur de conclure le colloque “Droits et personnalité juridique de l’animal” qui s’est tenu le 22 octobre 2019 à l’Institut de France.

L’ancien garde des Sceaux a d’abord tenu à faire part de son optimisme : “Je mesure très bien au regard d’une vie déjà longue, très longue, que le droit des animaux, la prise en compte des animaux, a fait dans notre société des progrès considérables. On peut s’en réjouir d’autant plus que ça n’est pas toujours le cas en ce qui concerne les êtres humains eux-mêmes.

Il est ensuite revenu sur la Déclaration des droits de l’animal actualisée en 2018. Apportant son soutien à cette déclaration, Robert Badinter a cependant exprimé sa préférence pour une déclaration sur “la proclamation des devoirs des êtres humains envers les animaux qui demeure l’essentiel“.

Enfin, Robert Badinter a fait une suggestion ambitieuse pour améliorer la condition animale. Il s’est dit favorable à la création d’une “autorité indépendante” dédiée spécifiquement à la défense des intérêts des animaux. Faisant le parallèle avec les progrès qu’ont permis la création du Contrôleur Général des Prisons, il a souligné la pertinence des autorités administratives indépendantes, seules à même de s’occuper “du concret” plutôt que du débat. Il a ainsi affirmé que “seul le pouvoir de l’état, seule une autorité indépendante, je souligne indépendante, est de nature à permettre d’étendre cette protection nécessaire, cette sauvegarde nécessaire des animaux qui sont, disons-le, nos compagnons de vie“.

© Michel Pourny
Retrouvez ici un compte-rendu ainsi que la vidéo du colloque.

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