Hommage à Jacques Chirac pour ses actions en faveur des animaux

© INRA, DIST, Jean Weber

Les défenseurs de l’animal et les défenseurs de la nature se doivent de rappeler le rôle personnel de Monsieur Jacques Chirac. En 1973, à la suite du scandale de Tropicanim, une entreprise d’importation d’animaux sauvages capturés dans la nature, Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture, a mis en place une commission chargée d’étudier une réglementation. Prêts dès la fin de l’année, puis en arrêt au début de 1974 au ministère des Finances, les textes ont été débloqués sur intervention de M. Chirac. Un premier arrêté sur l’importation des animaux vivants vertébrés a été signé le 17 septembre 1974 par son successeur au ministère, et publié au Journal Officiel le 2 octobre. Les importations de tous les “animaux vivants vertébrés” étaient prohibées, et autorisées seulement sur autorisation spéciale de la Direction générale des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture. Un second arrêté relatif à la protection des animaux lors de leur transport a été publié au JO le 26 décembre. La commission a poursuivi ses travaux, réunissant représentants des zoos, défenseurs de l’animal et de la nature, scientifiques du Muséum ; en résulteront les projets d’un décret et d’un arrêté sur la détention des animaux sauvages. Ces textes ont été bloqués à partir de février 1975, le ministère de l’Agriculture ayant été dessaisi du dossier au bénéfice de celui de l’Environnement. À nouveau, il a été fait appel à M. Chirac, alors Premier ministre (courrier du 22 octobre 1975), suggérant que la “protection sanitaire et humanitaire” des animaux soit du domaine du ministère de l’Agriculture, et que celui de l’Environnement soit en charge de la “protection des espèces”. L’imbroglio ayant été levé, les textes ont pu être finalisés : ce seront le décret du 25 novembre 1977 concernant les règles générales de fonctionnement des établissements détenant des animaux, puis l’arrêté du 21 août 1978 édictant les diverses mesures applicables.

Ainsi, directement comme ministre ou sous son autorité comme premier ministre, Jacques Chirac a montré son réel intérêt pour la condition animale, fait d’autant plus remarquable qu’il est le seul homme politique à l’avoir fait. Il est également le seul président de la République à s’être réellement soucié de la nature et de l’avenir de la planète. Rappelons à ce sujet l’appel “Notre maison brûle et nous regardons ailleurs” lancé à Johannesburg en 2002. Surtout, rappelons la Charte de l’environnement, annoncée le 3 mai 2001, puis lors de la campagne présidentielle de 2002, et finalement intégrée en 2005 dans le bloc de constitutionnalité du droit français. Elle reconnait les droits et les devoirs fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement et introduit dans la Constitution le principe de prévention, le principe de précaution, et le principe de pollueur-payeur.

Aux hommages rendus à M. Jacques Chirac lors de ses obsèques, nous tenons à ajouter l’expression de notre reconnaissance pour son action personnelle en faveur de la planète, de la nature, et de l’animal.

Jean-Claude Nouët

Réponse du Premier Ministre Jacques Chirac au Professeur Jean-Claude Nouët
à propos de la protection des animaux sauvages
12/12/1975

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