Les européens comprennent mieux la biodiversité

Un sondage eurobaromètre publié en mai 2019 a porté sur la connaissance et la compréhension qu’ont les européens de la biodiversité. Les mêmes questions avaient été posées en 2015 et il est intéressant de constater qu’en 4 ans, la connaissance et la compréhension qu’ont les européens du concept de « biodiversité » se sont améliorées. Plusieurs thématiques ont été couvertes.

Biodiversité : « Variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes. » (Article 2 de la Convention sur la diversité biologique, signée au sommet de la Terre de Rio de Janeiro, 1992)

Lorsque ce n’est pas précisé, le pourcentage des réponses est donné ainsi : X (Y) % : X = moyenne de tous les répondants européens (Y = moyenne des répondants français) %.

1. Sensibilisation à la biodiversité

71 % des répondants européens ont déjà entendu parler de biodiversité (41 % qui savent ce que ce terme désigne, et 30 % qui ne le savent pas). Alors qu’il est évidemment déroutant de constater que 29 % n’en ont jamais entendu parler, on peut se rassurer en observant que ce chiffre a diminué de 10 points depuis 2015. La France est plutôt mieux informée que la moyenne des européens car 53 % des répondants français déclarent savoir ce que biodiversité veut dire, et seulement 11 % n’en ont jamais entendu parler.

2. Les plus grandes menaces pour la biodiversité

Plusieurs activités ou phénomènes sont largement reconnus comme responsables d’une baisse de biodiversité : plus de 3 répondants français sur 4 citent comme menaces principales la pollution et les désastres humains, plus de 2 sur 3 citent les abus liés à l’agriculture, la pêche et la foresterie. Là encore, le sondage montre que, comparé à la moyenne européenne, une plus grande proportion de la population française reconnaît les mécanismes menaçant la biodiversité. Les autres menaces citées sont le changement climatique 58 (65) %, la conversion des terres naturelles vers d’autres utilisations 47 (58) %, la fragmentation des habitats naturels (projets d’infrastructures…) 43 (51) %, les invasions par des plantes et animaux non-natifs 32 (34) %.

3. Pourquoi protéger la biodiversité ?

Plus de 8 répondants français sur 10 pensent qu’il est de notre responsabilité de protéger la biodiversité, et près de 8 sur 10 estiment que c’est important pour lutter contre le réchauffement climatique.

4. Actions les plus importantes à mettre en œuvre pour protéger la biodiversité

Plus de la moitié des répondants français estiment qu’il faut mieux informer les citoyens sur l’importance de la biodiversité et qu’il faut étendre les aires de protection de la nature (voir tableau). Ils sont près d’un sur deux à penser qu’il faut restaurer la nature où elle a été endommagée par l’humain et qu’il faut renforcer les règles la protégeant.

TABLEAU. Actions les plus importantes pour protéger la biodiversité

Propositions :

Moyenne Europe

Moyenne France

Restaurer la nature et la biodiversité pour compenser les dommages causés par les activités humaines

48 %

48 %

Mieux informer les citoyens sur l’importance de la biodiversité

48 %

55 %

Étendre les aires de protection de la nature

43 %

55 %

Renforcer les règles existantes de conservation de la nature et de la biodiversité

41 %

45 %

S’assurer que les préoccupations liées à la biodiversité sont prises en comptes lors de la planification de nouvelles infrastructures

41 %

40 %

Mieux mettre en œuvre les règles de protection de la nature et de la biodiversité

40 %

42 %

Allouer plus de ressources financières à la protection de la nature

38 %

31 %

S’assurer que les subventions à l’agriculture et à la pêche ne portent pas préjudice à la biodiversité

36 %

38 %

Promouvoir la recherche sur l’impact de la perte de biodiversité

31 %

26 %

Créer des formes de financement innovantes pour la conservation de la nature

26 %

25 %

5. Rôle des sites protégés

Le sondage dévoile que 70 (69) % des répondants n’ont jamais entendu parler du réseau Natura 2000 (voir encart) et 19 (20) % en ont entendu parler sans savoir ce que c’est. Plus de 2 répondants sur 3 estiment néanmoins qu’il est très important de protéger des sites naturels pour la protection des espèces animales et végétales menacées, pour empêcher la destruction de sites terrestres et marins précieux et pour sauvegarder le rôle de la nature à fournir de la nourriture, de l’eau et de l’air sain.

Alors que seuls 6 (5) % des répondants estiment qu’il est normal de détruire des sites protégés si cela favorise le développement économique, 1 répondant français sur 2 estime que l’on devrait interdire la destruction des sites protégés pour favoriser le développement économique, et ils sont 42 % à n’accepter cette destruction que si le projet à un intérêt public majeur et que les dommages sont compensés, par exemple par une restauration.

Conclusion

Cette étude souligne le besoin primordial de mieux informer les citoyens afin qu’ils réalisent pleinement la mesure des menaces sur la biodiversité et des actions à entreprendre pour mitiger ou éliminer ces menaces. On constate également que malgré certaines lacunes, la majorité des personnes interrogées comprend ces points. Même si les changements de mentalité semblent opérer plus lentement qu’on ne le souhaiterait, l’étude nous permet de constater une évolution positive depuis 2015. C’est une lueur d’espoir.

Qu’est-ce que le réseau Natura 2000 ? Le réseau Natura 2000 réunit un ensemble de sites naturels représentatifs de la biodiversité à l’échelle européenne, et vise à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats qui y sont particulièrement menacés. Établi en s’appuyant sur les directives « Oiseaux » de 1979 et « Habitats » de 1992, son objectif est la préservation de la biodiversité en Europe à travers une meilleure prise en compte de ses enjeux dans les activités humaines. En Europe, 27 522 sites ont été désignés, soit 18 % du territoire de l’Union européenne. Au 1er mars 2017, la France comptait quant à elle 1 766 sites.
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Sophie Hild

Les résultats complets se trouvent dans le rapport (en anglais) : Commission européenne, Attitudes des Européens vis-à-vis de la biodiversité, Eurobaromètre 481, publié en mai 2019. http://ec.europa.eu/commfrontoffice/publicopinion/index.cfm/survey/getsurveydetail/instruments/special/surveyky/2194

Article publié dans le numéro 102 de la revue Droit Animal, Éthique & Sciences


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