CR: Barbaries

Loïc Dombreval, 2021. Préface de Nicolas Hulot. Michel Lafon, 192 p. (12 €)

Dans son ouvrage Barbaries publié en 2021, « le député des animaux » Loïc Dombreval dresse une liste non exhaustive et pourtant déjà bien fournie des utilisations irrespectueuses voire carrément cruelles des animaux par les humains. Cet ouvrage est cependant porteur d’espoir, notamment grâce à l’ensemble des actions entreprises par le député pour améliorer notre relation avec les animaux.

Nombreux sont les animaux qui souffrent de la main de l’homme. Ces souffrances intolérables, Loïc Dombreval les qualifient de « barbaries ». Dans son ouvrage ainsi intitulé, le « député des animaux » comme l’appelle tantôt affectueusement, tantôt avec mépris, ses collègues de l’Assemblée nationale, en liste pas moins de 19. Sans être exhaustif – les barbaries à l’encontre des animaux sont bien trop nombreuses –, le panorama décrit est large et couvre toutes les catégories d’exploitation des animaux par l’homme : élevage, chasse, divertissement, recherche, agrément…

Des chasses traditionnelles aux tests sur les animaux, en passant par le broyage à vif des poussins, le foie gras, l’abattage rituel, les spectacles avec animaux sauvages, la corrida ou encore l’abandon des animaux de compagnie, Loïc Dombreval explique les enjeux de chaque barbarie et donne des solutions pour y mettre fin. Au milieu des sujets dont s’emparent facilement les médias (comme l’élevage des animaux en cage ou l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques), certains se démarquent par leur faible médiatisation : par exemple, l’utilisation des chiens de travail (par la police ou dans le cadre d’assistance aux personnes notamment), l’abandon des chevaux par ignorance et négligence, ou encore la problématique des animaleries. Les solutions proposées relèvent souvent du pouvoir législatif ou de la volonté gouvernementale. Pour la plupart, le député a déjà tenté de les faire adopter lors de cette mandature, avec plus ou moins de succès.

Car si Loïc Dombreval est considéré comme « le député des animaux », ce n’est pas par hasard. Vétérinaire de formation, il a d’abord exercé en cabinet puis rejoint ensuite un laboratoire pharmaceutique vétérinaire. Il a été maire de Vence, commune des Alpes-Maritimes, avant de rejoindre les bancs de l’Assemblée nationale en juin 2017. Dès le début de son mandat, il a fait de la condition des animaux son cheval de bataille (si l’on peut dire !). On ne compte plus les questions et lettres qu’il a adressées au gouvernement sur des sujets liés à la cause animale. Il a proposé de nombreux amendements en faveur des animaux lors de l’examen de projets et de propositions de loi : loi agriculture et alimentation en 2018, loi de programmation de la recherche en 2020, proposition de loi pour interdire certaines pratiques génératrices de souffrances chez les animaux en 2020, loi climat en 2021… Il a rendu un rapport au gouvernement sur le bien-être des animaux de compagnie et des équidés en fin de vie, duquel a découlé une proposition de loi. Il est bien évidemment co-rapporteur général de la proposition de loi visant à lutter contre la maltraitance animale adoptée le 29 janvier dernier par l’Assemblée nationale.

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Les sujets traités par le député dans son ouvrage sont bien souvent difficiles, mais ils sont abordés avec réalisme, pragmatisme et espoir. En effet, le député est optimiste sur la condition des animaux en France. C’est pourquoi il termine son ouvrage par quatre « espoirs ». Le premier traite des nombreuses mesures prises par nos voisins européens et que la France n’aurait qu’à « copier » pour mettre fin aux sources de souffrance pour les animaux. Le second porte sur la proposition de loi visant à lutter contre la maltraitance animale, qui devrait être débattue au Sénat d’ici la fin de l’année. Le troisième s’intéresse à la proposition de Robert Badinter faite lors du colloque de la LFDA « Droits et personnalité juridique de l’animal » en 2019, reprise par le député dans son rapport et sa proposition de loi sur les animaux de compagnie. Il s’agit de l’instauration d’un Défenseur des droits de l’animal. Enfin, le quatrième espoir relève des citoyens, dont les attentes en matière de bien-être animal vont croissantes, et qui ont la possibilité de se mobiliser à travers des pétitions comme celle du référendum pour les animaux.

« La conviction que ce combat est juste entraîne la certitude que ce combat un jour sera victorieux. Ce que l’on ignore c’est le temps que prendra cette victoire. » Loïc Dombreval termine son ouvrage sur cette citation du président de la LFDA Louis Schweitzer, à qui il rend hommage pour son combat en faveur des animaux. Pour son optimisme, son pragmatisme et son large balayage des enjeux liés à la condition animale, mais aussi et surtout parce que l’intégralité des droits d’auteurs seront reversés à des petites associations de protection des animaux et des refuges, cet ouvrage mérite la lecture attentive du plus grand nombre.

Nikita Bachelard

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