Le 19 mai 2026, à l’occasion de l’examen de Culture générale et expression (CGE) les étudiants en BTS ont été confrontés à deux sujets, parmi lesquels celui-ci. Nous avons proposé à Georges Chapouthier, philosophe et membre fondateur de la LFDA, de traiter le sujet.

Les animaux sont des êtres très variés, depuis les éponges ou les vers de terres jusqu’aux pieuvres ou aux chimpanzés. Le point important est ici « compagnon ». Il faut donc limiter le propos aux animaux qui, d’une manière ou d’une autre, sont nos « compagnons » de vie. Ce sont essentiellement des animaux vertébrés et on en exclut les animaux dits « sauvages », qui n’ont avec les humains que des rapports occasionnels. Nous interpréterons le terme « compagnons » dans un sens très large.
On pourrait déjà évoquer les animaux qui sont des « compagnons » principalement utilitaires : ceux qu’on élève pour les manger, ceux qui servent aux déplacements ou aux transports (en Europe : chevaux, ânes, mulets…), ceux qui servent à la recherche biomédicale, ceux qui servent à l’amusement comme dans les cirques… Les animaux de labour ne sont plus très nombreux en Europe. Pour tous ces animaux « utilitaires », le respect est très relatif. Certes, la loi impose qu’on ne doive pas faire souffrir inutilement un animal qui est sous la responsabilité de l’homme. En ce sens les animaux « utilitaires » sont mieux protégés que les animaux sauvages. Mais beaucoup des activités qui les concernent sont sources de souffrances lors de leur élevage, de leur transport ou de leur mise à mort. La question de l’élevage industriel, du fait notamment de l’énormité du nombre d’animaux impliqués, constitue dans ce domaine un cas exemplaire. Il faut aussi mentionner des animaux qui ne sont des « compagnons » que pour être torturés, comme les taureaux des corridas. D’une manière générale, il faut envisager, sur le plan législatif, une évolution du respect accordé à tous ces animaux, et même la suppression des spectacles cruels comme la corrida, où l’homme fait souffrir l’animal pour un simple amusement.
Les compagnons les plus intimes, qu’on appelle d’ailleurs les animaux « de compagnie », sont ceux que l’être humain entretient principalement dans un but de relations affectives. Ils comprennent les animaux de compagnie « traditionnels » comme le chat et le chien, mais peuvent aussi inclure d’autres animaux d’élevage fermier (lapins, chèvres, ânes, chevaux…) ou de laboratoire (rats, souris…). Ces animaux de compagnie bénéficient en général d’un certain respect de la part des humains, si l’on excepte toutefois des situations dramatiques comme les abandons, dans des conditions parfois sordides. Des améliorations pourraient être proposées, à l’image de certains pays comme la Suisse, par l’immatriculation de ces animaux, qui permettraient sans doute de les traiter avec davantage de respect.
A ces animaux de compagnie « traditionnels », il faut ajouter des animaux qui sont normalement sauvages, mais qui ont été apprivoisés, et notamment les NAC « nouveau animaux de compagnie », souvent des reptiles ou des poissons. Ici le bénéfice pour l’animal , qui peut effectivement exister dans des cas très particuliers d’adoption d’orphelins, est, dans le cas général, très négatif, et pour l’animal, qu’il n’est pas souhaitable d’extraire de son milieu de vie naturel, et pour le milieu de vie qui est appauvri par l’adoption de ces animaux.
Finalement, pour tous les animaux qui sont, d’une manière ou d’une autre, les « compagnons de l’espèce humaine », une amélioration du respect s’impose dans la loi, en suivant notamment les règles proposée par la Déclaration des Droits de l’Animal.
Georges Chapouthier
Philosophe, neurobiologiste, directeur de recherche émérite au CNRS et membre fondateur de la LFDA




