Épreuves du BTS : les étudiants ont planché sur la question animale

Lors de l’examen du BTS 2026, plus de 250 000 étudiants ont disserté sur la relation entre les humains et les animaux dans le cadre de l’épreuve de Culture générale et expression (CGE). La Fondation salue la mise à l’honneur de ce sujet de société qui rappelle le rôle de l’école dans la construction de notre rapport aux animaux.

B. Yurtkuran Tout au long de l’année scolaire, les élèves ont préparé le thème « L’animal et nous : imaginer, connaître, comprendre l’animal » par le biais des différentes disciplines mobilisées par la CGE – littérature, histoire, philosophie, art… C’est un choix particulièrement pertinent pour aborder le sujet transversal qu’est l’animal. Il doit effectivement être étudié en articulant toutes ses dimensions pour en comprendre l’ensemble des enjeux et aboutir aux meilleures relations possibles entre les humains et les animaux.

À l’examen national, les étudiants ont eu le choix de disserter sur différentes questions, comme « L’affection des humains pour leurs animaux de compagnie peut-elle devenir excessive ? » ou encore « Respectons-nous vraiment les animaux quand nous en faisons nos compagnons ? ».

Depuis 2021 et la loi contre la maltraitance animale, le respect de la sensibilité des animaux doit être enseigné, du CP au lycée. Une demande que la Fondation Droit Animal a portée auprès du ministère de l’Éducation nationale jusqu’à son inscription effective dans les programmes scolaires en 2024. Aujourd’hui, sa mise en œuvre reste encore incomplète et tributaire de la sensibilité des enseignants et des parents d’élèves.

Certains élèves se sont préparés à l’épreuve en étudiant la Déclaration des droits de l’animal en classe (mise en avant dans plusieurs manuels scolaires) ou en parcourant l’exposition itinérante de la Fondation, que plusieurs établissements ont accueillie. La LFDA se félicite que l’enseignement supérieur ait participé à la construction du rapport aux animaux chez les étudiants, mais aussi que des enseignants aient pu se saisir de ses supports pour transmettre des notions centrales, comme celle du respect de la sentience des animaux et de leurs intérêts propres.

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Dissertation : Respectons-nous vraiment les animaux quand nous en faisons nos compagnons ?

En soutien à cette initiative, la Fondation a elle aussi rendu sa copie sous la plume de l’un de ses membres fondateurs, Georges Chapouthier.

Les animaux sont des êtres très variés, depuis les éponges ou les vers de terre jusqu’aux pieuvres ou aux chimpanzés. Le point important est ici « compagnon ». Il faut donc limiter le propos aux animaux qui, d’une manière ou d’une autre, sont nos « compagnons » de vie. Ce sont essentiellement des animaux vertébrés et on en exclut les animaux dits « sauvages », qui n’ont avec les humains que des rapports occasionnels. Nous interpréterons le terme « compagnons » dans un sens très large.

On pourrait déjà évoquer les animaux qui sont des « compagnons » principalement utilitaires : ceux qu’on élève pour les manger, ceux qui servent aux déplacements ou aux transports (en Europe : chevaux, ânes, mulets…), ceux qui servent à la recherche biomédicale, ceux qui servent à l’amusement comme dans les cirques… Les animaux de labour ne sont plus très nombreux en Europe. Pour tous ces animaux « utilitaires », le respect est très relatif. Certes la loi impose qu’on ne doive pas faire souffrir inutilement un animal qui est sous la responsabilité de l’homme. En ce sens les animaux « utilitaires » sont mieux protégés que les animaux sauvages. Mais beaucoup des activités qui les concernent sont sources de souffrances lors de leur élevage, de leur transport ou de leur mise à mort. La question de l’élevage industriel, du fait notamment de l’énormité du nombre d’animaux impliqués, constitue dans ce domaine, un cas exemplaire. Il faut aussi mentionner des animaux qui ne sont des « compagnons » que pour être torturés, comme les taureaux des corridas. D’une manière générale, il faut envisager, sur le plan législatif, une évolution du respect accordé à tous ces animaux, et même la suppression des spectacles cruels comme la corrida, où l’homme fait souffrir l’animal pour un simple amusement.

Les compagnons les plus intimes, qu’on appelle d’ailleurs les animaux « de compagnie », sont ceux que l’être humain entretient principalement dans un but de relations affectives. Ils comprennent les animaux de compagnie « traditionnels » comme le chat et le chien, mais peuvent aussi inclure d’autres animaux d’élevage fermier (lapins, chèvres, ânes, chevaux…) ou de laboratoire (rats, souris…). Ces animaux de compagnie bénéficient en général d’un certain respect de la part des humains, si l’on excepte toutefois des situations dramatiques comme les abandons, dans des conditions parfois sordides. Des améliorations pourraient être proposées, à l’image de certains pays comme la Suisse, par l’immatriculation de ces animaux, qui permettraient sans doute de les traiter avec davantage de respect.

À ces animaux de compagnie « traditionnels », il faut ajouter des animaux qui sont normalement sauvages, mais qui ont été apprivoisés, et notamment les NAC « nouveaux animaux de compagnie », souvent des reptiles ou des poissons. Ici le bénéfice pour l’animal, qui peut effectivement exister dans des cas très particuliers d’adoption d’orphelins, est, dans le cas général, très négatif, et pour l’animal, qu’il n’est pas souhaitable d’extraire de son milieu de vie naturel, et pour le milieu de vie qui est appauvri par l’adoption de ces animaux.

Finalement, pour tous les animaux qui sont, d’une manière ou d’une autre, les « compagnons de l’espèce humaine », une amélioration du respect s’impose dans la loi, en suivant notamment les règles proposées par la Déclaration des droits de l’animal.

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