Revue trimestrielle n° 126

Au sommaire de ce numéro : une enquête sur le « turbopoulet », la protection des animaux domestiques en Polynésie française, les difficultés rencontrées par les refuges pour animaux d’élevage, la reconnaissance du préjudice animalier, l’encadrement insuffisant de la chasse à courre…

Sommaire

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Billet de la LFDA

Les progrès pour les animaux n’avancent jamais en ligne droite. Ils avancent par pressions, expérimentations, et très souvent par des victoires partielles qui en appellent d’autres. Plusieurs des textes que nous vous proposons dans ce numéro 126 témoignent d’un même mouvement de fond : la difficulté persistante à faire reconnaître les animaux pour ce qu’ils sont, et non pour la seule fonction que les humains leur ont assignée. Les refuges pour animaux d’élevage en Europe en sont un exemple frappant : faute de cadre juridique adapté, des animaux sortis de la chaîne de production restent juridiquement traités comme des bêtes d’abattoir, avec toutes les absurdités que cela implique. Le droit, ici, est en retard sur les pratiques et sur l’éthique.

Cette tension entre ce que le droit dit et ce qu’il devrait permettre traverse aussi le débat sur les dénominations des produits végétaux : appeler un steak un steak, ou pas ? Derrière une querelle de mots se jouent des enjeux de marché, de lobbying, et au fond, de transition alimentaire. La LFDA a pris position, et ce numéro explique pourquoi cette bataille n’est pas anodine pour les animaux.

À l’échelle européenne, d’autres leviers émergent. La réciprocité des normes commerciales, le soft power réglementaire, les dynamiques de la jurisprudence : autant d’instruments à mobiliser pour que la protection animale ne s’arrête pas aux frontières de l’Union. Dans un contexte de renégociation de nombreux accords commerciaux, ce chantier est plus urgent que jamais.

Ce numéro s’attarde aussi sur des sujets plus discrets mais tout aussi révélateurs : la chasse à courre et l’inertie politique face à cette pratique d’un autre temps, la condition animale en Polynésie française et les défis du droit ultramarin, ou encore la douleur chez les crevettes, ces animaux dont la sentience continue d’interroger nos pratiques à très grande échelle. Enfin, l’entretien avec Axelle Playoust-Braure autour du « Turbopoulet » ouvre une fenêtre sur les contradictions profondes d’un système d’élevage industriel poussé à son paroxysme. Ces pages ne dessinent pas un tableau uniforme. Elles montrent un paysage en tension, où les avancées côtoient les résistances. Mais c’est précisément ce dialogue entre droit positif et ambition normative, entre faits scientifiques et impératifs éthiques, qui fait la singularité et la nécessité du travail de la LFDA au quotidien.

Hommage à Roland Deleplace

C’est avec une grande tristesse que nous déplorons une autre perte pour la fondation. Vous ne connaissez sans doute pas son nom, mais si vous lisez notre revue dans son format papier, vous connaissez peut-être sa société : ArtimediA. Roland Deleplace était l’imprimeur de la fondation depuis des décennies. Il nous a quittés le mercredi 25 février 2026.
Roland n’était pas un simple imprimeur. Fervent soutien de la LFDA depuis sa création en 1977, il connaissait déjà Jean-Claude Nouët, fondateur, par le biais du rassemblement des opposants à la chasse (ROC). Toujours très réactif, Roland faisait bénéficier la LFDA de tarifs très avantageux. Il s’assurait que nous bénéficiions des meilleurs tarifs d’affranchissement. Il fournissait toujours un travail impeccable, utilisait de beaux matériaux, et était incollable sur ceux ayant le moins d’impact sur l’environnement.
Outre la revue, dont le premier numéro a paru en 1991 (sous le nom de bulletin jusqu’en 2010), il a toujours été au rendez-vous pour imprimer enveloppes, tracts, dépliants, dossiers, et même les ouvrages estampillés « éditions LFDA ». Très impliqué, il répondait présent quand nous avions de très courts délais et trouvait toujours une solution pour que nous soyons prêts à temps. Il nous est arrivé de recevoir des documents la veille d’un colloque, alors que nous pensions la cause perdue…
Roland a marqué la vie de la LFDA, de façon invisible et pourtant déterminante.
Toutes nos pensées vont à sa femme et à ses collaborateurs.

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