L’intérêt croissant des municipalités pour la condition animale

Inspirées par l’intérêt croissant de l’opinion publique pour la condition des animaux, les municipalités et les régions s’emparent du sujet pour faire améliorer le sort des animaux au niveau local. Animaux de compagnie, poissons, cirques… Des villes prennent des positions historiques pour les animaux, en espérant être suivies par d’autres et entendues pas l’État.

Marché aux oiseaux ©Nikita Bachelard

Pêche au vif : bientôt la fin ?

L’une des nouvelles historiques de ces derniers mois au niveau local concerne les poissons. La pêche de loisir a beau être dénoncée de longue date par la LFDA, elle peinait à trouver écho dans l’opinion publique, dans la sphère politique et même au sein des organisations de protection des animaux. Mais ça, c’était avant.

En 2017, la jeune association Paris Animaux Zoopolis (PAZ) s’est attaquée à la pêche à Paris et particulièrement à la pêche au vif, laquelle consiste à attirer un poisson avec un petit poisson accroché vivant à l’hameçon en guise d’appât (voir l’article « Pêche au vif : vivement la fin ! » dans le n° 105 de cette revue). En 2018, la LFDA avait corédigé et cosigné une tribune initiée par PAZ réclamant l’interdiction de la pêche de loisir dans les départements où la consommation des poissons d’eau douce est interdite. Des membres de la LFDA ont signé une nouvelle tribune publiée dans Le Monde du 3 avril 2021 pour demander l’interdiction de la pêche au vif.

Lire aussi: Tribune: “La pratique de la pêche au vif n’est plus conforme avec le droit”

Finalement, la mobilisation commence à payer. Le 29 janvier dernier, sous l’impulsion de PAZ, le conseil municipal de la métropole de Grenoble a adopté un vœu souhaitant « qu’une réglementation nationale soit mise en place afin d’interdire l’utilisation d’animaux vertébrés vivants comme appâts lors de la pêche de loisir (pêche au vif) ». Une chose en entrainant une autre, le conseil municipal de la ville de Paris a emboité le pas de Grenoble le 2 février en votant le « vœu de l’exécutif relatif à l’interdiction de la pêche au vif et de la pêche avec ardillons à Paris ». D’autres métropoles comme Bordeaux et Montpellier envisagent de prendre des positions similaires. Cette dernière a récemment interdit la chasse sur les terrains communaux.

S’affranchir de pratiques archaïques

Au moment du vœu contre la pêche au vif, le conseil municipal de la ville de Paris entérinait également une transition pour mettre fin au marché aux oiseaux à Paris. Installé tous les dimanches sur le marché aux fleurs de l’Île de la Cité, le marché aux oiseaux abrite quelques vendeurs d’oiseaux (canaris, diamants mandarins, perruches, tourterelles, colombes…) mais aussi de poissons (rouges notamment) et rongeurs (lapins). Les animaux sont détenus dans des conditions inadmissibles : cages minuscules, caisses ou glacières remplies d’eau pour les poissons…

En outre, des vendeurs du marché trempaient dans le trafic d’espèces menacées. En 2013, sept personnes avaient été interpellées à ce propos. Certains vendeurs à la sauvette ne disposent pas des autorisations nécessaires. Le marché doit être rénové entre 2023 et 2025 et n’accueillera donc plus d’animaux vivants après les travaux.

Lire aussi: Rapport 2020 sur la criminalité liée aux espèces sauvages

La Mairie de Paris a aussi décidé d’interdire les animaux sauvages dans les cirques sur la commune depuis 2018. D’autres communes ont pris des mesures similaires ou des vœux demandant au gouvernement d’interdire cette pratique au niveau national. À ce jour, plus de 430 communes françaises se sont positionnées.

Des villes exemptes de cruauté animale

Depuis les dernières élections municipales de 2020, une délégation à la condition animale a été confiée à des conseillers ou des adjoints dans plusieurs communes : Angers, Avignon, Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse… et bien d’autres.

Mais ce n’est pas tout. Des régions s’intéressent aussi de plus en plus aux animaux. La région Île-de-France a lancé son label « ville amie des animaux » en septembre 2020. Pour l’instant, ce label à trois niveaux se concentre uniquement sur les animaux de compagnie. Parmi les critères, les communes doivent faire valoir une démarche globale de valorisation de la place accordée aux animaux de compagnie sur la commune et promouvoir cette démarche, ainsi que soutenir les organisations de protection animale sur leur territoire.

Conclusion

Preuve de l’importance que prend la condition animale depuis plusieurs années, l’échelon local s’y intéresse sérieusement. Les élections municipales de 2020 ont encore accentué la politisation de la cause animale et les élections régionales et départementales à venir devraient suivre la même tendance. Cela annonce la couleur pour les prochaines élections présidentielles l’année prochaine. Déjà en 2017, le collectif AnimalPolitique et la création du Parti animaliste avaient contribué à faire de la condition animale un sujet politique. En 2022, la condition animale sera sans doute un enjeu incontournable de la campagne présidentielle.

Nikita Bachelard


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