La Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences (LFDA)
COMPTE RENDU DES PRINCIPALES ACTIVITÉS DE L’ANNÉE 2025
Administration de la LFDA
La LFDA est administrée et dirigée par des experts formant un groupe pluridisciplinaire de réflexion et d’études visant à défendre, promouvoir et faire progresser les droits des animaux et la préservation de la biodiversité.
Le conseil d’administration administre la gestion de la LFDA et oriente ses actions. Il a été réuni deux fois et le bureau quatre fois. Louis Schweitzer a fait part au conseil de sa décision de quitter, avec regrets, ses fonctions de président. Laurence Parisot, vice-présidente, a été élue à l’unanimité pour lui succéder. Louis Schweitzer a disparu le 6 novembre 2025 des suites d’une maladie après quatorze années au service de la Fondation. En son honneur, le conseil a décidé de nommer le Prix de Droit de la LFDA « Louis Schweitzer ».
Le comité scientifique ne s’est pas réuni cette année. En rattrapage, il est prévu de le réunir en séance plénière deux fois en 2026 afin de travailler sur la formulation d’un avis et de recommandations sur l’un des sujets prioritaires de la Fondation.
Le mathématicien Cédric Villani a rejoint le comité d’honneur de la Fondation.
Barbara Paris a quitté la fondation au 25/06. Karine Pruski lui a succédé en tant que responsable de la gestion administrative et financière à partir du 21/07. Tancrède Girard a pris ses fonctions de responsable de la communication et des relations presse le 18/08 tandis que les missions de Léa Le Faucheur ont évolué pour se consacrer à la structuration des campagnes et des projets.

ÉVÉNEMENTS ORGANISÉS PAR LA LFDA
La LFDA a remis son Prix de Droit 2024 à Eugénie Duval, docteure en droit public et lectrice en droit à l’université d’Essex, lors d’une cérémonie organisée à Sorbonne Université le 19/06 devant une trentaine de personnes. Le jury a choisi de récompenser ses travaux de recherche portant sur des sujets cruciaux tels que la protection des animaux pendant le transport, les conditions d’abattage, les exigences en matière de bien-être animal en agriculture biologique et la gestion des zoonoses dans les élevages. Un webinaire en accès libre a été organisé à destination de la presse et du grand public afin de valoriser le prix et les travaux récompensés.
La Fondation a coorganisé un séminaire international intitulé « Protection des animaux et droit européen : évolutions récentes et changements à venir » avec l’Institut européen pour le droit animal, dirigé par Alice Di Concetto, membre du comité scientifique. Il s’est tenu à Bruxelles le 18/11 et a réuni une cinquantaine d’experts issus de plus de trente organisations (ONG, institutions, universités…) dans une salle comble.

INTERVENTIONS DE LA LFDA
Nicolas Bureau, responsable des affaires et des relations publiques, est intervenu le 19/05 lors du colloque « Les vétérinaires et la corrida » organisé par le COVAC avec le soutien financier de la LFDA. Il y a rappelé la législation et la jurisprudence relatives à la corrida en France.
Il est intervenu lors de deux conférences organisées par Convergence Animaux Politique (CAP) à destination des ONG et des parlementaires.
La première, intitulée « Méthodes substitutives : pour une recherche efficace, compétitive et éthique », s’est tenue le 5/02. Il y a abordé les perspectives de développement et de financement des méthodes alternatives. Georges Chapouthier, membre fondateur de la Fondation, est également intervenu pour insister sur la nécessité d’intégrer une dimension éthique à la formation des chercheurs.
La seconde conférence, intitulée « Faune sauvage captive : quelles solutions pour faire appliquer la loi et obtenir de nouvelles avancées ? », s’est tenue le 18/06. N. Bureau y a évoqué les failles réglementaires de la définition des établissements autorisés à héberger des cétacés prise en application de la loi mettant fin aux delphinariums.
Enfin, N. Bureau est intervenu dans un mini-documentaire sur les dangers du développement des animaux hypertypés « Pourquoi les chiens de race vont disparaître ? » diffusé par Explore sur YouTube.
SOUTIEN À L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Comme chaque année, la Fondation a attribué une bourse à une étudiante du diplôme d’État « Protection animale, de la science au droit ». Sophie Hild, directrice de la LFDA, a participé au jury de la session 2024-2025.
Elle est intervenue auprès des étudiants du Master « Global quality in European livestock production » (Gloqual) de l’université Clermont-Auvergne le 10/09 pour présenter les enjeux de bien-être animal dans l’élevage.
Elle a également présenté son parcours aux étudiants du master 1 d’Éthologie de Rennes 1 afin de valoriser les perspectives d’emploi dans le domaine de la protection animale.
N. Bureau a encadré deux étudiantes du master Éthique et Droit de l’animal dont est responsable Cédric Sueur, membre du comité scientifique. Il s’agira de la dernière promotion de cette formation car le diplôme est malheureusement suspendu faute d’enseignants disponibles.
S. Hild et L. Le Faucheur ont encadré une stagiaire en Master 2 de philosophie dont le sujet était « Comment la LFDA sensibilise-t-elle les enfants aux enjeux de la cause animale ? ».
S. Hild a encadré la thèse d’une étudiante en cinquième année à l’École nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA), dédiée à l’établissement d’une liste positive pour la détention d’animaux non domestiques.
RELATION AVEC LES VÉTÉRINAIRES
L. Parisot a succédé à L. Schweitzer à la présidence du Comité d’éthique « Animal, Environnement, Santé » du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires (CNOV). Le comité a émis deux avis relatifs à l’évolution souhaitable du code de déontologie des vétérinaires. Le premier volet a été consacré au bien-être animal dans le cadre du principe « une seule santé » (One Health), à l’exercice vétérinaire bénévole et à l’indépendance des vétérinaires. Le second a concerné l’accès aux soins, la définition de la notion de clientèle, l’accès aux soins, la permanence et la continuité des soins, le contrat de soins et le parcours de soins.
Au sein du Comité d’éthique de la recherche clinique vétérinaire et de l’épidémiologie (CERVO) d’Oniris, S. Hild a participé à l’étude de 4 saisines pour des recherches cliniques et épidémiologiques vétérinaires.
PRINCIPALES ACTIONS DE SENSIBILISATION ET ACTIVITÉS DE PLAIDOYER
Revue de la Fondation
Trois numéros de la revue gratuite de la Fondation ont été coordonnés et envoyés à ses lecteurs et partenaires, ainsi qu’à ses abonnés numériques. La revue est également en libre accès sur le site de la Fondation. Pour ses numéros 123 et 124, le comité de rédaction a décidé de se consacrer à deux grandes thèmes, respectivement l’éducation au respect des animaux et les relations entre les animaux sauvages libres et l’humain.
Développement d’un code européen de l’animal
Le développement d’une plateforme en ligne dédiée au code européen de l’animal est toujours en cours en partenariat avec l’Institut européen pour le droit animal.
Éducation au respect des animaux
Dans la continuité des travaux menés en 2023 à l’occasion de l’organisation de son colloque annuel, puis en 2024 avec l’obtention d’une modification des programmes de CP pour y inclure un enseignement dédié, la LFDA a poursuivi son engagement en faveur de l’éducation au respect des animaux tout au long de l’année 2025. Cette priorité s’est traduite par une série d’actions visant à sensibiliser différents publics, en particulier le milieu éducatif.
L’exposition itinérante de la LFDA a été accueillie dans une dizaine d’établissements divers (lycées, MJC, librairie, mairie…). Ce succès a nécessité l’impression d’un nouveau set de l’exposition afin de répondre à la demande.
La Déclaration des droits de l’animal a été mise à l’honneur dans une quinzaine de mairies. Elles rejoignent une initiative déjà portée par Grenoble et Montpellier l’année précédente. En parallèle, 371 posters de la Déclaration ont été envoyés gratuitement à des écoles, lycées, mairies et autres établissements qui en ont fait la demande.
Le sujet « L’animal et nous : imaginer, connaître, comprendre l’animal » a été choisi par le ministère de l’Enseignement supérieur comme grand thème de Culture Générale et Expression pour l’année de BTS 2025-2026. La Déclaration a fait partie des supports pédagogiques mobilisés par certains enseignants et manuels scolaires, tels que le guide édité par Flammarion et la plateforme en ligne du CNED.
La Fondation a renouvelé son partenariat avec « Mes Cartes Mentales » et a accompagné la production de deux nouveaux supports dédiés à l’identification des comportements du chien et du chat grâce à l’expertise de Jessica Serra, membre du conseil d’administration.
Elle a consacré le 124e numéro de sa revue à « L’Animal et l’école » (en référence à son livret édité pour la première fois en 1983 puis mis à jour régulièrement) afin de proposer un état des lieux de l’enseignement de l’éthique animale en France et en Europe et de formuler des recommandations.
Enfin, la LFDA a été sollicitée par Le Monde pour organiser un atelier à destination des enfants à l’occasion du Festival du Monde. Il s’est tenu à la Maison de l’Animal à Paris le 20/09 et a été animé par L. Le Faucheur et S. Hild.
Règlement européen sur le transport des animaux
N. Bureau a participé à plusieurs réunions au ministère de l’Agriculture afin d’inciter la France à adopter des mesures permettant une meilleure protection des animaux d’élevage lors des négociations sur le règlement transport au sein du Conseil de l’Union européenne. Il a également rencontré des députés au Parlement européen à Bruxelles pour préparer les discussions sur ce texte. Dans ce cadre, il a travaillé sur une analyse des routes commerciales justifiant économiquement une transition du transport d’animaux vivants à un transport de viande/carcasses. Tout au long de l’année, il a activement participé à la coalition française dédiée à ces dossiers au sein d’Eurogroup for Animals, appelée « Quantum Leap ».
La Fondation a été cosignataire d’une lettre demandant à la Commission européenne des mesures urgentes sur le transport des animaux d’élevage à la suite du blocage en mer d’un navire transportant 3 000 animaux.
Protection des animaux d’élevage
N. Bureau a participé à des réunions au ministère de l’Agriculture pour porter des demandes prioritaires de la LFDA, telles que la sortie de l’élevage en cages en France et l’intégration de normes élevées de bien-être animal dans la révision de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine (ALEAC). Il a également travaillé sur une proposition parlementaire de résolution européenne pour la fin de l’élevage en cages.
Au sein du Comité national d’éthique des abattoirs (Cneab), il a travaillé sur l’amélioration du bien-être animal à l’étape de l’abattage sous l’angle de l’amélioration de l’attractivité des métiers en abattoir. La Fondation a également cosigné une lettre à l’initiative des organisations membres du Cneab et adressée à la ministre de l’Agriculture, demandant une inspection générale à la suite de nouvelles maltraitances constatées en abattoir.
Au sein de l’association Étiquette bien-être animal (AEBE), présidée par L. Schweitzer qui y représente la Fondation, elle a participé au déploiement de l’étiquetage de la viande de porc en magasin et au développement du référentiel d’une nouvelle étiquette pour les produits issus des poules pondeuses.
Au sein du Comité consultatif du Centre national de référence pour le bien-être animal (CNR BEA), la LFDA a travaillé sur un rapport sur le bien-être des bovins et des porcs pendant le transport terrestre, sur les enjeux de bien-être animal au sein de la filière cunicole et a étudié les derniers travaux de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).
Au sein du Conseil national de l’alimentation (CNA), elle a participé à l’élaboration du projet de Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC).
Au sein du Comité de Liaison Associations de Protection Animale et Vétérinaires (CLAPAV), elle a participé à l’élaboration d’une proposition de résolution européenne permettant la modification du statut des animaux de rente en celui d’animaux de compagnie lorsqu’ils quittent le circuit de l’élevage afin de faciliter leur accueil en refuge.
Elle a également collaboré avec les représentants des différentes interprofessions de l’élevage dans le cadre de concertations officielles : elle a travaillé sur l’hébergement des taurillons et de la restauration hors domicile avec la filière viande (Interbev), a abouti à un accord avec la filière laitière (Cniel) pour l’amélioration de l’hébergement des veaux, et continue ses échanges avec la filière caprine (Anicap).
Protection des animaux sauvages
La Fondation a travaillé en collaboration avec Humanité & Biodiversité afin de développer des actions communes de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la pénalisation des sévices sur les animaux sauvages non captifs. Ces échanges sont toujours en cours.
Elle a sollicité le ministère de la Transition écologique par le biais d’une question écrite au sujet du renforcement de l’encadrement de la chasse à courre.
Au sein de la Commission nationale consultative sur la faune sauvage captive (CNCFSC), N. Bureau a travaillé sur la création d’une « liste positive », dans le but de fonder la liste des espèces non domestiques pouvant être détenues comme animaux de compagnie sur des critères scientifiques intégrant l’approche « Une seule santé » et de l’accompagner de conditions de compétence et de bien-être.
La LFDA a également consacré un numéro de sa revue au sujet « Les animaux sauvages libres et l’humain ».
Protection des cétacés captifs
N. Bureau a participé à plusieurs réunions au ministère de la Transition écologique afin de rappeler l’urgence de statuer sur l’avenir des cétacés du Marineland d’Antibes après l’annonce de sa fermeture, en réponse à la loi d’interdiction de détention des cétacés. Le sort de ces animaux a fait l’objet de plusieurs négociations entre le ministère et les ONG afin de leur assurer les meilleures conditions de vie possibles et leur sortie du secteur du divertissement. Cela notamment au sein de la Commission nationale consultative sur la faune sauvage captive (CNCFSC) dans le cadre de la rédaction de l’arrêté définissant les critères des programmes scientifiques autorisant la captivité de cétacés.
Soutien aux alternatives à l’expérimentation animale
Louis-Bastien Weiswald a été désigné lauréat du Prix de biologie Alfred Kastler 2025 de la LFDA pour ses travaux portant sur la culture en laboratoire de tumoroïdes à partir de cellules de patients atteints de cancer.
La Fondation a sollicité le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche au sujet de la réhabilitation des animaux utilisés à des fins scientifiques par le biais d’une question écrite.
Elle a également soumis une contribution à la consultation européenne sur le Biotech Act afin de promouvoir les méthodes non animales.
Lors de la Rencontre CAP intitulée « Méthodes substitutives : pour une recherche efficace, compétitive et éthique », N. Bureau a soumis aux parlementaires des propositions d’amendements au projet de loi de finances permettant le soutien aux méthodes non animales en expérimentation.
L.Schweitzer a participé au comité directeur de la Plateforme française dédiée au développement, à la validation et à la diffusion de méthodes alternatives en expérimentation animale (Francopa), y ont été valorisés des travaux sur la recherche sur les organoïdes.
Au sein du Centre français des 3R (FC3R), L. Schweitzer a présidé deux réunions du Comité d’orientation et de réflexion et participé au comité de pilotage. Y ont notamment été menés des travaux sur le lancement de la plateforme européenne NAMWISE pour la promotion de nouvelles méthodes sans recours aux animaux (NAM).
COMMUNICATION ET COUVERTURE MÉDIATIQUE
Le site web a cumulé 229 359 visites. La Fondation y a publié douze articles traitant de sujets d’actualité (foie gras, rejet de la loi Duplomb, dix ans de la reconnaissance de la sensibilité animale dans le code civil, etc.) Les contenus vidéo ont été multipliés et valorisés.
La LFDA a communiqué avec sa communauté à travers ses résaux sociaux et sa newsletters mensuelles. Le format de la newsletter a évolué, passant d’un format thématique (publication de la revue, webinaire prix de droit, animaux bloqués en mer) à un format mensuel plus long qui fait le point sur l’actualité du mois passé.
La Fondation a également communiqué sur ses actions et sur l’actualité auprès des médias, à travers l’envoi de communiqués de presse. Elle a cosigné plusieurs communiqués interassociatifs afin de se positionner contre le développement d’un projet d’élevage intensif de saumon en France, de dénoncer le projet de delphinarium du zoo de Beauval, d’interpeller le premier ministre sur les attentes des ONG sur la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), et de valoriser un accord conclu dans le cadre du Cniel entre les ONG de protection des animaux d’élevage et la filière laitière pour l’amélioration des conditions d’hébergement des veaux.
Enfin, elle a assuré les réponses quotidiennes aux nombreux courriels, courriers et appels téléphoniques de particuliers et d’associations.
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Reconnue d’utilité publique par décret du 21 juillet 1999, la Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences (LFDA) est habilitée à recevoir des dons et des legs, qui sont exonérés de tout droit fiscal. Les dons sont déductibles de l’impôt sur le revenu pour 66 % de leur montant, plafonné à 20 % du revenu imposable, avec possibilité, d’étaler le don sur 5 ans si le don dépasse ce seuil de 20 %. La LFDA est éligible à la réduction d’impôt sur la fortune immobilière pour 75 % du montant du don, dans la limite de 45 000 € de la réduction.
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